Statistiques sur le testament et la succession au Québec en 2026

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Chaque année, plus de 77 000 successions s'ouvrent au Québec (77 550 décès en 2023, environ 80 450 en 2025 selon l'Institut de la statistique du Québec). Derrière ces nombres se trouvent des familles qui doivent trouver un liquidateur, retrouver un testament et, souvent, composer avec des règles qu'elles ne connaissent pas.

En bref

Le Québec compte environ 80 450 décès par an (2025, données provisoires), et plus de 80 000 recherches testamentaires sont déposées chaque année auprès des deux registres. Il n'existe pas d'enquête officielle sur la part d'adultes qui ont un testament : le dernier sondage québécois publié, celui de CROP et L'actualité en 2016, donnait 48 % (75 % chez les 55 ans et plus). Il n'y a ni impôt successoral ni droits de succession au Québec.

Nous avons réuni dans cet article 24 statistiques tirées de l'Institut de la statistique du Québec, de Statistique Canada, du Barreau et de la Chambre des notaires, ainsi que de sondages publiés dans la presse québécoise. Quand aucune enquête officielle n'existe, nous le disons. Données à jour en octobre 2026.

Décès et vieillissement : combien de successions par année

Le nombre de décès donne l'ordre de grandeur des successions qui s'ouvrent chaque année dans la province.

1. Environ 80 450 décès au Québec en 2025

Selon le Bilan démographique 2026 de l'Institut de la statistique du Québec, le Québec a compté environ 80 450 décès en 2025 (estimation provisoire), soit 1 650 de plus qu'en 2024 (+2,1 %). Chacun de ces décès ouvre une succession, avec ou sans testament. Savoir à l'avance qui sera liquidateur et qui héritera évite à vos proches de le découvrir en pleine période de deuil.1

2. 77 550 décès en 2023, contre 78 400 en 2022

Le nombre de décès estimé pour 2023 est de 77 550, en légère baisse par rapport aux 78 400 décès de 2022. Cela représente plus de 200 décès par jour en moyenne dans la province. Pour une personne qui hésite à rédiger son testament, c'est un rappel que la succession est une démarche courante, et non une exception.2

3. Une espérance de vie de 82,7 ans en 2025

L'espérance de vie à la naissance atteint 82,7 ans en 2025 : 84,4 ans pour les femmes et 81,1 ans pour les hommes. Plus on vit longtemps, plus la succession arrive tard, souvent à un moment où les enfants sont eux-mêmes adultes établis. Un testament rédigé à 40 ans doit donc être relu et mis à jour plusieurs fois avant de produire ses effets.3

4. 21,7 % de la population a 65 ans et plus

Au 1er juillet 2025, les personnes de 65 ans et plus représentaient 21,7 % de la population du Québec, contre 57,7 % pour les 20 à 64 ans et 20,6 % pour les moins de 20 ans. La population totale s'établissait à 9,03 millions de personnes au 1er janvier 2026. Cette proportion de personnes âgées continuera d'augmenter avec le vieillissement des baby-boomers, ce qui multiplie les successions à venir.4

5. Plus de décès que de naissances en 2025

Le Québec a enregistré environ 78 200 naissances en 2025 pour environ 80 450 décès, ce qui donne un accroissement naturel négatif d'environ 2 250 personnes. C'est la deuxième année de suite où les décès dépassent les naissances. Le patrimoine des générations qui s'éteignent passe donc à un nombre d'héritiers proportionnellement moins nombreux.5

6. 197,4 décès pour 1 000 personnes de 90 ans et plus en 2024

Le taux de mortalité au Québec en 2024 était de 8,7 pour 1 000 habitants tous âges confondus. Il passe à 10,5 pour 1 000 chez les 65 à 69 ans, à 50,6 chez les 80 à 84 ans et à 197,4 chez les 90 ans et plus. Le risque de décès avant 65 ans reste faible, mais il n'est jamais nul : un testament protège aussi les familles dont le parent meurt prématurément.6

Testaments, notaires et registres au Québec

Le Québec reconnaît trois formes de testament (notarié, olographe, devant témoins) et tient des registres pour retrouver les testaments notariés et les mandats de protection.

7. 48 % des adultes québécois avaient un testament en 2016

Selon un sondage CROP pour L'actualité réalisé en octobre 2016 auprès de 1 000 répondants, 48 % des adultes québécois avaient fait un testament, une proportion qui grimpait à 75 % chez les 55 ans et plus. Ce sondage date de dix ans et aucun chiffre officiel plus récent n'existe pour le Québec seul. Il confirme néanmoins que la moitié des adultes n'ont rien prévu.7

8. Environ la moitié des Québécois ont un testament, dont 80 % notarié

Dans un article d'avril 2026, Le Devoir écrit qu'environ la moitié des Québécois ont un testament et que, parmi eux, 80 % choisissent la forme notariée. Le journal ne cite pas d'enquête précise, il faut donc lire ce chiffre comme un ordre de grandeur. Le même article rapporte, selon un notaire, que la vérification d'un testament olographe coûte à peu près 2 000 $ et plus, et qu'elle n'existe pas pour un testament notarié.8

9. Plus de 80 000 recherches testamentaires par an

Selon le communiqué du Barreau du Québec et de la Chambre des notaires du 19 août 2025, plus de 80 000 recherches testamentaires et 10 000 recherches de mandats de protection sont effectuées chaque année. Un guichet unique, lancé le 2 septembre 2025, a remplacé les deux demandes distinctes que les citoyens devaient auparavant déposer. Ces volumes montrent à quel point la question « existe-t-il un testament? » se pose dans les familles.9

10. Près de 3 900 notaires et plus de 31 000 avocats

La Chambre des notaires compte près de 3 900 membres et le Barreau du Québec plus de 31 000 avocates et avocats (chiffres du communiqué d'août 2025). Les notaires sont les seuls à tenir le registre des testaments notariés. Un testament olographe, lui, n'est inscrit à aucun registre, ce qui complique sa recherche après le décès.10

11. Seul le testament notarié échappe à la vérification

D'après le gouvernement du Québec, le testament olographe et le testament devant témoins doivent être vérifiés après le décès, par un notaire ou par la Cour supérieure, et des frais s'appliquent. Le testament notarié, un acte authentique, n'a pas à l'être. Cette étape supplémentaire retarde l'exécution de vos volontés et coûte de l'argent à vos héritiers.11

Famille et succession légale : ce qui change sans testament

Sans testament valide, c'est le Code civil du Québec qui décide, et ses règles ne correspondent pas toujours à la réalité des familles.

12. 43 % des couples québécois vivent en union libre

Au recensement de 2021, 43 % des couples du Québec vivaient en union libre, contre 23 % pour l'ensemble du Canada (17 % si l'on exclut le Québec). Le Québec compte à lui seul plus de 2 couples en union libre sur 5 au pays. Or les règles successorales ne traitent pas ces couples comme les couples mariés.12

13. Le conjoint de fait n'hérite pas sans testament

Selon le gouvernement du Québec, en l'absence de testament, un conjoint de fait ne peut pas hériter : la succession est partagée entre le conjoint marié ou uni civilement et les enfants, ou à défaut entre les autres parents. Si aucun héritier n'est identifié, l'État prend en charge les biens et Revenu Québec administre la succession. Pour les couples non mariés, le testament est la seule façon de protéger leur partenaire.13

Héritages, patrimoine et fiscalité

L'Enquête sur la sécurité financière de Statistique Canada (cycle 2023) est la source la plus récente pour les héritages et le patrimoine des familles québécoises.

14. 29,3 % des familles québécoises ont déjà reçu un héritage

Selon l'Enquête sur la sécurité financière de 2023, analysée par l'Observatoire des inégalités, 29,3 % des familles du Québec ont reçu un héritage, contre 26,6 % pour l'ensemble du Canada. La proportion varie de 13,8 % chez les moins de 35 ans à 43,9 % chez les plus de 65 ans. L'héritage est donc loin d'être universel.14

15. Un héritage moyen de 137 374 $ au Québec en 2023

Parmi les familles qui ont hérité, le montant moyen s'élève à 137 374 $ au Québec (en dollars constants de 2023), contre 197 245 $ pour le Canada. La moyenne cache de grands écarts : de 3 300 $ pour le premier décile à 801 600 $ pour le dixième. Les chiffres détaillés se trouvent dans notre article sur l'héritage moyen au Québec.15

16. Pas d'impôt successoral, mais un gain en capital présumé au décès

Ni le Québec ni le Canada ne prélèvent d'impôt direct sur les successions (le Canada a aboli le sien en 1972). Au décès, une disposition présumée des biens s'applique et 50 % des gains en capital sont inclus dans le revenu. Les héritiers ne paient pas de droits de succession, mais la succession peut devoir de l'impôt sur le revenu du défunt.16

17. Les 65 ans et plus détiennent 922 milliards de dollars

En 2023, les unités familiales dont la personne de référence a 65 ans ou plus détenaient une valeur nette de 922 milliards de dollars, soit 30,7 % de la valeur nette totale de 3 008 milliards de dollars au Québec. C'est ce stock de richesse qui sera transmis dans les prochaines décennies. Il s'agit d'un patrimoine détenu, pas d'un montant déjà hérité.17

18. Une valeur nette médiane de 371 000 $ en 2023

La valeur nette médiane des unités familiales du Québec était de 371 000 $ en 2023, contre 274 700 $ en 2019 (en dollars constants de 2023), soit une hausse de 35 %. La valeur moyenne atteint 752 400 $. Pour une succession, cela veut dire que la plupart des patrimoines tiennent surtout à la maison et aux régimes de retraite.18

19. 59,7 % des unités familiales possèdent leur résidence principale

Selon l'Enquête sur la sécurité financière 2023, 59,7 % des unités familiales du Québec détiennent une résidence principale, d'une valeur médiane de 385 000 $. Elle représente 32,0 % de l'actif total. La maison est souvent le plus gros bien d'une succession, et celui qui crée le plus de désaccords entre héritiers.19

20. 44 % des Québécois appuient une taxe sur les grands héritages

Dans un sondage Léger du printemps 2024, la taxation des grands héritages recevait un appui de 44 % des répondants, le plus bas score parmi huit propositions fiscales testées. Le débat public existe, mais aucune taxe de ce type n'est en vigueur.20

Attitudes : ce que les gens disent et ce qu'ils font

Les sondages québécois récents sont rares. Les enquêtes pancanadiennes ci-dessous donnent le contexte.

21. 81 % des Québécois comptent laisser quelque chose à leurs proches

Dans le sondage CROP-L'actualité de 2016, 81 % des Québécois affirmaient qu'ils laisseraient quelque chose à leur conjoint ou à leurs enfants à leur décès, et 59 % avaient déjà discuté de leurs dernières volontés avec leur entourage. Seulement 24 % comptaient sur un héritage à venir dans leur planification financière. L'intention est présente, mais elle ne se traduit pas toujours par un document.21

22. 70 % des 18 à 34 ans n'ont pas de testament

Un dossier de La Presse d'avril 2026 rappelle que, d'un sondage à l'autre, environ 70 % des jeunes adultes de 18 à 34 ans n'ont pas de testament. Il ne s'agit pas d'un chiffre propre au Québec. Les notaires interrogés disent voir très peu de jeunes clients, qui invoquent souvent un sentiment d'invincibilité ou l'impression de ne pas avoir assez de biens.22

23. 48 % des Canadiens ont un testament (Ipsos pour RBC, 2022)

Le sondage Ipsos réalisé en avril 2022 auprès de 2 001 Canadiens de 18 ans et plus pour l'Institut national sur le vieillissement et RBC Trust Royal indique que 48 % ont un testament, contre 34 % chez les 35 à 54 ans. Parmi les 18 à 34 ans sans testament, 43 % se jugent trop jeunes pour y penser. Le sondage ne donne pas de résultat propre au Québec.23

24. 52 % des Canadiens de 30 ans et plus ont un testament (CIBC, 2026)

Un sondage Ipsos pour la Banque CIBC publié en juin 2026 auprès de 1 200 Canadiens de 30 ans et plus montre que 94 % jugent qu'un testament est essentiel, mais que seulement 52 % en ont un. Les personnes sans testament invoquent la procrastination (39 %), le sentiment de ne pas avoir assez de biens (31 %) et l'ignorance de la marche à suivre (24 %). Aucune ventilation par province n'est publiée.24

Ces chiffres montrent un écart net entre l'intention et l'action : presque tout le monde juge le testament important, mais près d'un adulte sur deux n'en a pas, et les couples en union libre sont particulièrement exposés. Si vous voulez passer à l'action, vous pouvez préparer votre testament olographe en ligne, lire notre guide sur le testament olographe au Québec et suivre les étapes de comment faire un testament au Québec. Un notaire peut valider ou compléter votre document selon votre situation.

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Questions fréquentes

Combien de personnes meurent chaque année au Québec?

Environ 80 450 en 2025 (estimation provisoire de l'Institut de la statistique du Québec), contre 77 550 en 2023 et 78 400 en 2022.

Quelle proportion de Québécois a un testament?

Il n'existe pas de statistique officielle. Le dernier sondage québécois publié, celui de CROP et L'actualité en 2016, donnait 48 % des adultes (75 % chez les 55 ans et plus). En avril 2026, Le Devoir écrivait qu'environ la moitié des Québécois ont un testament, sans citer de source précise.

Y a-t-il un impôt sur les successions au Québec?

Non. Ni le Québec ni le Canada ne prélèvent d'impôt successoral. Au décès, les biens sont toutefois réputés vendus et 50 % des gains en capital sont inclus dans le revenu du défunt, ce qui peut entraîner de l'impôt payable par la succession.

Sources

Max Kuch

À propos de l'auteur

Max Kuch

Max Kuch est le fondateur de Testament Olographe. Il écrit sur le testament, le droit des successions et la planification successorale au Québec et analyse pour cela les statistiques officielles.

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Questions fréquentes

Le projet lui-même est une aide à la rédaction et n'est pas encore un testament valide. Il le devient lorsque vous l'écrivez entièrement de votre main et le signez : c'est le testament olographe prévu à l'art. 726 du Code civil du Québec. Aucun notaire ni témoin n'est requis. La date n'est pas obligatoire, mais elle est fortement recommandée.

Le Code civil du Québec (art. 726) exige que le testament olographe soit entièrement écrit par le testateur et signé par lui, autrement que par un moyen technique. Un document imprimé ou tapé à l'ordinateur n'est pas un testament olographe. Il pourrait seulement valoir comme testament devant témoins, avec des formalités précises, ou être reçu par un notaire sous la forme notariée.

En principe, oui. Au Québec, la liberté de tester est la règle (art. 703 C.c.Q.) et il n'y a pas de réserve héréditaire. Il existe toutefois des limites : si vous êtes marié ou uni civilement, le patrimoine familial (résidence familiale, meubles, véhicules, droits de retraite) est partagé avec votre conjoint avant la succession, et les personnes à qui vous deviez des aliments, comme un enfant à charge, peuvent réclamer une contribution financière à la succession (art. 684 et s. C.c.Q.).

Non. Au Québec, les conjoints de fait n'héritent pas l'un de l'autre selon la loi, peu importe la durée de leur vie commune. Si vous voulez protéger votre conjoint de fait, un testament est indispensable. Notre projet vous permet de le désigner clairement comme légataire.

Conservez l'original en lieu sûr et dites à votre liquidateur où il se trouve. Pour plus de sécurité, vous pouvez le déposer chez un notaire ou un avocat, qui peut l'inscrire au registre des dispositions testamentaires de la Chambre des notaires du Québec ou du Barreau du Québec. Après le décès, une recherche dans ces registres permet de le retrouver.

Contrairement au testament notarié, le testament olographe doit être vérifié (on parle aussi d'homologation) avant de pouvoir être exécuté. Cette vérification se fait, à la demande d'une personne intéressée, devant le tribunal ou devant un notaire, selon le Code de procédure civile (art. 772 C.c.Q.). Le liquidateur peut ensuite régler la succession.

Non. Au Québec, un testament ne peut pas être fait conjointement par deux personnes dans le même acte (art. 704 C.c.Q.). Chaque conjoint doit faire son propre testament, souvent avec des dispositions semblables. Notre outil crée un projet individuel pour chacun de vous.

Oui, en tout temps. Vous pouvez modifier, compléter ou révoquer entièrement votre testament. Le plus simple est d'écrire un nouveau testament olographe qui révoque expressément tous les testaments antérieurs, de le dater et de le signer de la même façon.

Non. Notre service crée un projet de testament à titre d'aide à la rédaction. Si votre patrimoine est complexe, si vous possédez une entreprise, des biens à l'étranger ou si vous avez une famille recomposée, nous vous recommandons aussi de consulter un notaire ou un avocat.

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